Retour aux sources.

_____Nous arrivions peu à peu chez moi. A vrai dire, je n'habitais pas loin non plus des lieux de l'incident, à quelques pâtés de maison de l'appartement à Ed, également. Quatre rues plus loin, pour être précis, dans la West 64th Street. Je vis seul, avec mon chien, Max, dont je vous ai parlé un peu auparavant. Il m'accompagne partout, aussi bien à Little Creek que lorsque nous sommes envoyés en mission. Je voyais de loin mon appartement, plus que quelques dizaines de mètres et nous étions arrivés. J'apprenais lors de nos discutions que l'officier qui est chargé de garder ma porte serait une fille, et paraît-il, est très jolie. Après tout cela ne me dérange en aucun point, au contraire, une présence féminine peut faire du bien, surtout dans ces cas-là. Je sentais la voiture ralentir, le vrombissement du moteur se faisant de moins en moins insistant. Nous nous garions devant la voiture de la deuxième patrouille, à l'intérieur de laquelle se trouvait les trois autres policiers. Après de brèves présentations, Stan m'accompagnait jusqu'à mon appartement, au troisième étage. Après avoir pénétré dans le hall, nous montions une à une les marches de l'immeuble. Nous croisons un de mes voisins, que je saluais. Remarquant la présence du policier, il me regarda d'un oeil mauvais, et ne daigna même pas me répondre. C'est fou ce que les gens jugent rapidement. Parce que je suis accompagné par un policiers, je serais obligatoirement devenu un criminel, un homme dangereux? Aberrant. La bêtise humaine à l'état pur, surtout que deux jours plus tôt je recroisais le même homme, où il s'empressa de me saluer. Je fis part de mes pensées a Stanislas.
_____«  - Vous avez vu çà? Avant aujourd'hui je pouvais discuter convenablement avec lui. Vous allez me faire perdre ma vie sociale! Lui dis-je en plaisantant.
- Très drôle, je fais donc si peur que cela? Et tu peux me tutoyer, on va passer du temps ensemble de toute façon, me répondit Stan. »

_____A vrai dire, il ne faisait pas vraiment peur, même s'il avait les traits du visage forts et marqués. Une forte pilosité maîtrisée sur celui-ci, un simple bouc, il avait tout d'un homme considéré comme 'normal'. Mais ses traits typiques nous confirmaient ses origines Russes. Vous l'aurez remarqué, je pense, mais chaque origine ou civilités, appelez cela comme vous le désirez, possède ses propres traits, ses propres distinctions physiques. Ainsi, un Caucasien sera reconnaissable parmi des Américain, par exemple. C'était le cas ici, un Russe parmi les Américains, cela se remarque fortement. Bref, je m'égare complètement. « On arrive » , lui dit-je, en montrant le couloir qui menait à mon palier. C'est là que je la vit...

# Posté le mardi 26 août 2008 08:54

Modifié le mercredi 27 août 2008 05:15

La rencontre

_____Cette créature venue des cieux, un si joli bout de femme attendait devant ma porte. Je stoppait net en la voyant. Elle était si rayonnante, pourtant dans la pénombre et la froideur des couloirs, et pouvait illuminait tout cet espace. Je m'approchais doucement. Stan semblait avoir vu ma réaction, et me donnait un coup de coude accompagné d'un clin d'oeil. « Quel con! » pensais-je, mais il avait raison.
_____Je parcourais lentement les quelques mètres me séparant d'elle, et pouvais la contempler plus en détail. Des cheuveux châtains ondulés, retombant sur les épaules, en désordre, des yeux bleus captivants au possible, une silouhette élancée, un visage fin, des lèvres charnues, une peau rose pâle, elle avait vraiment tout pour plaire. Et en uniforme, s'il vous plaît!

_____« - Bonjour, moi c'est Hannah, je serais une de vos garde pendant la journée, et vous, c'est?...
- ... »
_____Aucun mot ne pouvais sortir de ma bouche, j'étais tout simplement évoûté par cette voix sensuelle; tant d'élégance et de charme réunis en une seule personne me subjugait.
« - C'est Shawn, excuse-le, il est encore un peu chamboulé, repris vite Stan, autant dire qu'il m'évitait de passer pour un con sur ce coup-là. »

_____Il ouvrait la porte, et me bouscula à l'intérieur, en rigolant. Qui aurais-pu croire qu'un simple regard m'aurais fait oublié tout ce qui s'était passé durant cette folle journée? Personne, et pourtant. Je franchissais le seuil de mon appartement. Il me semble ne pas en avoir parlé jusqu'à présent, il est temps de réctifier le tir.
_____Ce petit chez-moi, où, au final, je ne passe pas beaucoup de temps, est à mon image. Des drapeaux américains, des affiches de concert, beaucoup, surtout dans le salon ou nous nous trouvions. Je ne sais même plus la couleur de tapisserie de mon salon. Au fil des années, jai récupéré moultes affiches, posters, de tant de groupes différents, issus de tout les univers musicaux, que j'accrochais aux murs, jusqu'à ne plus voir, aujourd'hui, le moindre centimètre de mur vierge. C'est spécial, j'avoue, mais Stan avait l'air d'aimer !
_____« -Merde, c'est un vrai sanctuaire! Toutes ces affiches, tu as dû en voir des concerts! On a les mêmes goûts, Pink Floyd, j'adore! »
_____Je ne répondis pas, je le laissais s'extasier devant ce « chef-d'oeuvre » comme Ed l'appelait. Lui aussi trouvait ce travail dantesque. Il était là, touchait les murs, comme un gamin qui ouvre pour la première fois ses câdeaux de Noël. Ca faisait plaisir à voir. Des centaines d'images accrochées au murs, des canapés un peu partout, un grand écran plat. Un salon vraiment typé. A droite se trouvait une cuisine américaine, légèrement surélevée, qui restait dans l'ambiance « rock », avec toutes les références possibles.

_____« - C'est vraiment beau chez toi, tu veux pas refaire la déco de ma maison? repris Stan en riant
- C'est petit mais ca me convient, tu va criser quand tu verra mes autographes!
- Dit, tu n'avais pas un chien? »
_____J'acquisait seulement de la tête. C'est vrai que je n'avais vu Max depuis qu'on était là...
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 28 décembre 2008 14:48

Modifié le lundi 29 décembre 2008 12:28

Retour à la vie normale, ou presque.

_____« - Max? Max! Tu te caches où? » Je me mis à chercher avec l'aide de Stan. Salon? Non, cuisine non plus. Je me dirigeais tout de suite vers la salle de bain, où il avait l'habitude d'aller pendant mon absence, malgré mes avertissements. Et évidemment, qui trouvais-je au milieu du linge fraîchement repassé?

_____« - Max! Qu'est ce que j'ai déjà dit! SORS! ». Je hurlais sur cette pauvre boule de poil, et le frappais au passage avec un journal trouvé sur une commode. Cà à beau être adorable, mignon, le meilleur ami de l'homme est parfois stupide. J'étais reparti pour une nouvelle lessive, le linge sentant le chien, ce n'était pas pour moi. Célibataire endurci, je faisais tout moi-même. L'armée m'avais très vite appris à me débrouiller seul, à devenir autonome et indépendant. Les lits au carré, et les vêtements pliés soigneusement çà me connais! Un « homme à marier » comme disait Ed. Lui, son armoire était un vraie dépotoir. Son excuse? « Je m'emmerde déjà assez à ranger à la base, pour continuer ici. Puis çà sert a rien de faire son lit le matin pour le défaire le soir-même». Question logique, il faisait fort. Évidemment Jane ne voyait pas cela du même ½il, et souvent elle rangeais derrière lui.

_____« - Il a même pas l'air content de me voir, t'as vu çà? Tu veux boire quelque chose? Demandai-je à Stan, qui trouvait la situation drôle, forcément.
Non merci, je suis censé bosser là. J'vais retourner en bas, j'suis de patrouille jusqu'à minuit.
Cà va se passer comment alors, vous allez me suivre tout le temps?
En gros c'est çà, jusqu'à ce que cette histoire soit éclaircie.
Bonne soirée, répondis-je »

_____Un peu sec, mais l'idée d'être accompagné à tout instants ne me réjouissait guère. Mon chien me suffisait amplement, et je savais me défendre, quand même. Je ne nie pas l'efficacité et l'aide probable des agents de police, mais bon... Je mis rapidement une nouvelle lessive, et alla dans la cuisine. Oui, une journée comme celle-ci donne faim! Au menu des réjouissances gustatives: steak haché et frite. Un des plus grands défauts que pourrait me trouver une femme serait mon piètre talent de cuisinier. J'optais souvent pour le réchauffé ou les plats préparés. J'étais célibataire, que voulez-vous! En attendant la cuisson de mes fins mets, j'allais me mettre à l'aise. Training usagé de l'armée, et marcel en coton, il n'y a que çà de vrai! D'accord, mon sex-appeal venait de descendre en flèche, mais personne n'était là pour me voir. Il manquait une seule chose: la musique.
_____Je mettais le dernier album d'ACDC dans ma chaîne-hifi, et c'est parti! Skies on fire, un bon petit morceau, qui me redonnait le sourire après cette dure journée. La prestation d'Angus Young sur ce titre était tout simplement dantesque. Les enceintes crachaient tout les décibels possible, et je posais ma voix pittoresque sur celle de Brian:
Skies on fire, Flames burn higher... Skies on fire, Flames get higher! J'adorais.

_____Malheureusement, ma performance musicale fût vite interrompue, je crû, à travers le son rock qui sortait encore des amplis, entendre la sonnerie de la porte. A cette heure là?
_____« -Qui est là? Criais-je à travers l'appartement. » C'est là que j'entendis cette voix. « C'est Hannah! ». Mon sang ne fit qu'un tour...

_____Dring! Elle sonna à nouveau. Merde, j'étais planté là comme un con! « Shawn, vous êtes là? ». Je ne pouvais pas l'accueillir comme çà, tout de même! Je balbutiais un petit « Deux minutes, j'arrive! », et courais dans ma chambre, en prenant soin de renverser un vase qui traînait par là, et de cogner le chien. Encore désolé, Max. Je commençais à paniquer. Mais pourquoi ne pas vouloir paraître comme je l'étais alors que je ne la connaissais pas? J'évitais de me poser trop de questions, et me changeais en vitesse. Un jeans, un t-shirt plus approprié et c'était bon. Je baissais le son de la musique, et me dirigeait vers la porte. Euh, j'attendais quoi au juste là? Allez Shawn, ce n'est pas une nana qui va t'impressionner! Ed te flanquerais une raclée s'il verrais çà. Je pris mon courage à deux mains et appuya sur la poignée.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le jeudi 15 janvier 2009 14:32

Faisons connaissance?

_____
« Euh salut, dis-je timidement.
-Alors, vous avez retrouvé votre langue, répondit-elle en souriant » Argh ce sourire, il m'envoutait, je restait là, bouche bée devant tant de grâce, tant d'élégance, cette fille m'intimidait.
_____« Tu peux me tutoyer.
-D'accord. Alors c'est ici que tu vis?
-Ouais. C'est modeste, mais au moins c'est à mon image. » Je la laissais entrer dans mon humble demeure. Elle n'était plus de garde, quelqu'un l'avait relayée devant ma porte, ainsi en profita t-elle pour « faire connaissance ». Cela me faisait plaisir qu'elle fasse le premier pas et vienne me voir. Elle aussi semblait fascinée par ma décoration si spéciale, et avait les mêmes réflexes que tous ceux qui visitent le lieu pour la première fois: toucher les murs. C'était étrange, mais tout le monde le faisait, allez savoir pourquoi... Nous parlions pendant un long moment, dix, peut-être vingt minutes. Je la laissais parler d'elle, chose qu'elle faisait à merveille. C'était la première fois qu'une personne de la gent féminine me faisait cet effet. Après ce cours moment, que j'aurais voulu prolonger le plus possible, Hannah s'en alla. Elle n'habitait pas si loin de chez moi, dans « un petit appartement », à trois pâtés de maisons de là. C'est toujours bon à savoir. Elle se tenait maintenant là, sur le paillasson, sans trop savoir quoi dire. Je fis un timide signe de la main, elle se tourna sur ses talons et s'en alla avec un petit sourire en coin de lèvres. J'adore.

_____Je passais à mon tour sur le pallier, afin de rencontrer mon troisième ange gardien qui viendrait compléter l'équipe de Stan et Hannah. Un grand costaud, chauve mais avec une barbe proéminente, se tenait à côté de moi. Sa particularité? Il n'avais pas d'uniforme de la police New-yorkaise. Un simple brassard me faisait savoir qu'il travaillait pour eux. Tout de noir vêtu, l'homme paraissait mystérieux. Il avait deviné ma présence, mais ne m'avais pas adressé le moindre regard. Il fixait la cage d'escalier devant lui. « Eh mec, salut! ». D'accord, ce n'était pas très fin, mais j'espérais que ma jovialité le décoincerait un peu.
_____« -Salut.
-Vous allez bien?
-Ouais.
-... Alors ce sera vous mon garde de nuit? 
-Ouais. »

_____Il n'étais décidément pas très loquace, et semblait un peu casanier sur les bords. Mais il en imposait, c'est sûr. Son physique envieux, sa carrure qui, dès qu'on le voyait, nous disait qu'il ne fallait mieux pas l'approcher. Je décidais néanmoins de continuer la discussion, même si je me sentais seul.
_____« Je suis aussi militaire, repris-je, en espérant une réaction.
-D'accord. »

_____Il venait de poser un gros blanc dans la conversation. Que répondre à cela? Rien. Je ne répondis rien, mais curieusement, il reprit:
« -J'ai été viré de l'armée. Problèmes d'autorité.
J'ai aussi ce problème, c'est un vrai fléau pour un soldat.
A qui le dis-tu?
Je vais vous laisser, passez une bonne soirée »

_____Je le laissais là, et franchissait la porte de chez moi.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 20 janvier 2009 15:49

Nous sommes tous les mêmes

_____Au final, il y avait peut-être possibilité de tenir une conversation normale avec lui, même s'il faut lui extirper les mots de la bouche. Certaines personnes ont tendance à être renfermées sur elles-même, mais je suis de l'adage populaire selon lequel il ne faut pas juger sans connaître. En effet, ces personnes ont certainement vécu des centaines de choses différentes que les autres, d'où leur comportement. Et parlons de ceux qui diront qu'elles ne sont pas « normales ». Qu'est ce que la normalité? Est-ce la banalité? Cette chose qui nous pousse à effectuer les mêmes actions que notre prochain, tel un mouton de Panurge, afin de se sentir intégré et de nier face à l'exclusion? Normalité d'une personne n'est pas, car chacun revoit la définition de ce terme, et chacun vit ou fait des chose à un moment donné de son existence qui sort des normes. Chacun de nous. L'exclusion de l'un de nos semblables, parce qu'il est différent de par ses façons de penser, de par son physique, ou encore de par sa couleur de peau, relève strictement de la bêtise humaine et de sa cruauté.

_____A Little Creek, ceux qui usaient de toute forme de discrimination étaient sévèrement réprimées -le plus souvent- étaient-ils envoyés « au trou ». Un lieu clos de quelques mètres carrés seulement, sans toilettes, avec seulement de l'eau et du pain comme nourriture, et ce pour une durée indéterminée. Les plus coriaces y sont restés presque un mois entier, mais je peux vous assurer qu'ils en étaient sortis changés. J'y ai goûté une seule et unique fois, car je m'étais insurgé contre un ordre complètement stupide venant de l'un de mes supérieurs hiérarchique. Encore aujourd'hui je pense que j'avais raison, la raison doit prendre un jour ou l'autre, le dessus sur l'acceptation aveugle. Je n'exécuterais jamais un ordre portant atteinte à la dignité humaine et à mon honneur. Mais en contre-partie, je ferais tout pour ne pas être puni à nouveau. Cela n'avait duré que cinq jours. cinq petits jours. Mais durant ce court laps de temps, je vous assure que vous avez le temps de vous remettre en question, les secondes vous paraissent des minutes, et vous en sortez mûri. Il est impossible de s'imaginer toutes les choses qui peuvent vous passer à l'esprit dans ces conditions. Certains penseront que j'exagère, verront dans cette description une hyperbole destinant à sacraliser le métier de militaire, ou encore à le rendre plus difficile qu'il ne l'est pour je ne sais quelle raison. Je les invite a passer deux jours, cinq petits jours enfermés, sans aucun contact social, et vous verrez.

_____C'est pour ce faire que dans l'armée, tout le monde a les mêmes uniformes, tout le monde peut y rentrer, et évoluer, sous réserve, évidemment, d'efforts notables, d'un moral et d'une motivation en acier trempé. Les disparités sociales et culturelles tendent à disparaître au sein des hommes soldats. On devient prêt à aider un de ses « frères d'arme », dès qu'il est dans le besoin, et ce, même si on le connais à peine. Évidemment je généralise, tous n'étaient pas comme çà, et des enflures, des asociaux, et des personnes qui ne pensaient qu'a eux se trouvaient aussi au sein de nos rangs.

_____J'allais manger, ou plutôt grignoter, la visite imprévue m'ayant fait oublié que j'avais quelque chose sur le feu. C'était donc le ventre à moitié vide que j'allais me coucher. Il était tôt, certes, mais c'est dure et longue journée que... Tiens, Ed ne devait-il pas m'appeler? Tant pis, j'allais me coucher, et m'en allais tout doucement dans les bras de Morphée.


_____Je sentais mon corps décoller peu à peu, je commençais à léviter, il s'élevait petit à petit vers les cieux. Ébahi, paniqué, je commençait à m'agiter dans tout les sens à la vue de mon lit qui s'éloignait. Merde, que se passait-il? J'avais beau bouger dans tout les sens, je brassais de l'air, j'étais totalement inefficace, devant ce phénomène hallucinant. Je ne comprenais pas...

# Posté le mardi 20 janvier 2009 15:53